Visite annuelle des champs de bataille organisée par le CMR du Canada, édition 2015

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Cadets at Mont-Saint-Eloi AbbeyDes élèves-officiers du CMR du Canada contemplent les tombes aux ruines de la tour de l’abbaye du mont Saint-Éloi, en France, dans le cadre de la Visite annuelle des champs de bataille de France et de Belgique (les élèves-officiers Kevin Pathinather, Matthew Hammond, Anton Humeniuk et Morgan Holdway) 

 Durant leur semaine de congé de février 2015, un groupe de 26 élèves-officiers, aspirants de marine et membres du corps professoral du Collège militaire royal du Canada se sont envolés pour les champs de bataille de France et de Belgique dans le cadre de la Visite des champs de bataille 2015. Du 14 au 22 février, ils ont parcouru le Nord de la France et la Belgique pour visiter les grands champs de bataille de la Somme, de la crête de Vimy, d’Ypres, de Dieppe et de Juno Beach, entre autres. À chaque site, les professeurs Boire, Delaney et Coombs, spécialisés en histoire, ont fait découvrir aux étudiants les caractéristiques importantes du terrain, et les ont invités à mener une réflexion sur la planification ayant conduit à l’attaque, le leadership déployé sur le champ de bataille et les soldats ayant consenti le sacrifice suprême pour la défense du Canada.

La visite des champs de bataille représente une expérience unique pour les élèves-officiers et les aspirants de marine, en ce qu’elle leur donne la possibilité de voyager en Europe et de voir par eux-mêmes les champs de bataille qu’ils étudient en cours d’histoire. Le programme de neuf jours comprenait des visites de champs de bataille, de monuments canadiens et étrangers, et d’innombrables cimetières du Commonwealth, des Alliés et des Allemands, ainsi que du temps libre le soir pour explorer les villes. Les étudiants ont pu voir de leurs propres yeux les sites où l’histoire canadienne fut écrite, et admirer la façon dont les villes et les villages européens ont réussi à se reconstruire après des pertes aussi tragiques. Voir ainsi comment les fermiers et les habitants des villes du Nord de la France sont parvenus à reprendre le cours de leur vie au milieu des cadavres et du shrapnel, et comment ils ont réussi à prospérer dans ces régions dévastées, s’est avéré une expérience des plus inspirante.

Après une journée passée à récupérer du décalage horaire à Paris, la tournée des champs de bataille a donc commencé. Le premier jour a été consacré à l’étude de la bataille de la Somme, avec des arrêts au monument de Thiepval, au champ de bataille du Newfoundland Regiment à Beaumont‑Hamel, au trou de mine de La Boisselle, au monument aux morts du corps de blindés de Pozières, et au champ de bataille du 22e à Courcelette. Mis quelque peu mal à l’aise par l’humeur joyeuse et la limpidité de la journée, qui tranchaient âprement sur la solennité des lieux où tant de Canadiens avaient donné leur vie, les étudiants ont été sensibles au sombre rappel du terrible prix qui avait été versé pour leur liberté. Le beau temps n’a pas persisté le reste de la semaine.

La tournée des champs de bataille de la Première Guerre mondiale s’est poursuivie le lendemain. Le brouillard matinal a pourchassé les étudiants jusqu’au mont Saint-Éloi, au cimetière allemand de La Targette, au tunnel de la Grange, aux cratères de Duffield, au monument commémoratif de Vimy, et aux nombreux champs de bataille des quatre divisions canadiennes. La journée s’est terminée par la cérémonie de 20 heures à la porte de Menin, à Ypres – une cérémonie de la sonnerie aux morts qui perdure jusqu’à ce jour et n’a souffert d’interruption que pendant les années d’occupation allemande de la Deuxième Guerre mondiale.

Le mardi, dernière journée de la tournée des sites de la Première Guerre mondiale, s’est passé sur les lieux qui inspirèrent au lieutenant-colonel MacRae son poème « Au champ d’honneur », Essex Farm, ainsi qu’à Passendale, auprès du Soldat en méditation de Saint-Julien, au cimetière de Tyne Cot, au monument du PPCLI à Frezenberg, à Amiens, et à Dieppe. À chaque site, les professeurs ont pris soin de bien expliquer aux étudiants de quelle façon chaque bataille avait contribué à l’effort de guerre global, quelles avaient été les pertes humaines, et quelles leçons il fallait en tirer. La journée froide et sépulcrale s’est terminée par l’arrivée à la charmante cité portuaire de Dieppe, où les étudiants ont passé la soirée à explorer les lieux et à songer à tout ce qu’ils avaient vu jusque-là.

Les deux jours suivants, les étudiants ont exploré les plages des opérations de Dieppe et de Juno Beach, apprenant le pourquoi du choix des emplacements, le comment des batailles, et le bilan des pertes humaines à l’issue de ces opérations. La visite du cimetière canadien de Dieppe s’est avérée une expérience particulièrement chargée d’émotion pour tous les étudiants et les professeurs, en particulier lorsque l’élève-officier Page a fait résonner la dernière sonnerie dans une atmosphère emplie de solennité. Le jeudi s’est passé à retracer les pas des Canadiens le jour J, depuis Pegasus Bridge, le pont sur lequel débarquèrent les troupes du 1er Bataillon canadien de parachutistes dans le cadre de l’opération Juno Beach, jusqu’au site de Gold Beach, où les étudiants ont pu voir un film sur la construction du port Mulberry.

Le dernier jour de la tournée des champs de bataille s’est passé à retracer les mouvements des divisions canadiennes aux batailles de juillet 1944 : Bretteville, Falaise, Saint-Lambert-sur-Dive, puis Vimoutiers pour voir le char Tigre IV. Les étudiants ont en outre fait un bouleversant arrêt à l’abbaye des Ardennes, où 20 soldats canadiens furent exécutés par les membres de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend. Les professeurs ont également profité de cette dernière journée pour expliquer aux étudiants combien il était important d’avoir un leadership solide et de bien retenir les leçons du passé.

Après un samedi consacré à la visite de Paris, le moment était venu de reprendre le chemin du retour vers le Canada. Pour les étudiants, le long vol s’est passé à méditer sur tout ce qu’ils avaient vu et appris en Europe – d’où ils revenaient plus humbles, plus mûrs, et plus conscients de la contribution du Canada aux deux guerres mondiales.

Les étudiants et les organisateurs de l’édition 2015 de la Visite des champs de bataille du Collège militaire royal du Canada aimeraient remercier la Fondation des CMR, sans laquelle le voyage n’aurait pu avoir lieu. Cette merveilleuse expérience marquera à jamais les élèves-officiers et les aspirants de marine qui y ont pris part, et contribuera sans nul doute à leur réussite à venir en tant qu’officiers des Forces armées canadiennes.

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